Notre processus créatif et son acceleration via l’IA

Notre processus créatif et son acceleration via l’IA

Cette semaine, on a disséqué notre façon de travailler. Pas la théorie des manuels PM, mais notre réalité : quatre cerveaux qui se complètent et se superposent, des agents IA qui codent pendant qu'on dort, et une conviction - les meilleurs produits naissent quand les opérations, le product, le design et le dev ne sont plus des silos mais un seul organisme.

Le constat brutal : nos cycles ne ressemblent à aucun framework classique. Pas de Scrum strict, pas de sprints figés. On a une stack qui génère du code autonome, des agents Notion qui produisent des backlogs complets, et un niveau d'exigence opérationnelle qui fait que rien, absolument rien, ne passe entre les mailles.

Cette newsletter décompose notre méthode en quatre perspectives : comment les opérations transforment la découverte, comment le product automatise ce qui prenait des jours, pourquoi le design reste le maillon faible de la révolution IA, et comment le dev repousse les limites de ce qu'une équipe de quatre peut construire.


OPERATIONS

Quand les opérations s'invitent dans l'équipe produit

Ce qui change quand les opérations sont embarquées dès la découverte : aucun document ne passe entre les mailles. Sur un CRM financier complexe, ça représente 90 documents métier à ingérer. Une équipe classique en traite 30% faute de temps et de méthode.

Notre approche : chaque appel est enregistré sur Fathom, transcrit, organisé par dossier client. Les transcripts alimentent directement notre base Notion. Plus besoin de relayer l'information manuellement. Plus de "je crois qu'il a dit que..." ou "attends, c'était dans quelle réunion ?".

Le workflow en construction : un flux N8N lit automatiquement Fathom et classe les conversations dans les bons espaces projets Notion. Ensuite, on interroge notre IA interne sur n'importe quel sujet client : phases d'audit, points de blocage juridique, spécificités métier. Elle synthétise en quelques secondes ce qui prendrait des heures à retrouver manuellement.

L'impact concret : pendant que l'équipe produit et dev se concentre sur l'exécution, les opérations anticipent les trous. Les contrats qui traînent, les relances client non faites, les validations réglementaires qui bloqueraient tout dans deux mois. Ce niveau de vigilance militaire permet de tenir la promesse : zéro surprise, zéro retard critique.

Le paradoxe : avoir quelqu'un qui n'est pas PM de formation dans une équipe produit crée des overlaps inattendus. Mais c'est précisément ces zones grises qui évitent que des pans entiers du projet passent inaperçus. Parce que tout le monde suppose que quelqu'un d'autre s'en occupe.

Ce qui fait la différence avec nos clients : ils sentent qu'on ne lâche rien. Quand une entreprise de 50 millions nous confie son CRM, elle voit ce niveau d'exigence opérationnelle dès la première semaine.


PRODUCT

La mort du travail manuel sur le backlog

Avant : 3 jours pour produire un backlog complet après un audit client. Synthèse des documents, rédaction des tickets, priorisation, attribution des complexités.

Aujourd'hui : 10 minutes.

La méthode : pendant la réunion de cadrage, on explique à l'oral toute la roadmap et les fonctionnalités dans le détail. Fathom enregistre. À la fin, on envoie le transcript dans un agent Notion configuré sur mesure. Il pose des questions de clarification. On valide. Il génère le backlog avec une cinquantaine de tickets détaillés.

L'agent comprend notre structure : types de tickets (épics, stories, bugs), plusieurs clients en parallèle, différentes phases de projet. Il sait où écrire, comment organiser, quoi prioriser. Plus besoin de reformuler à l'écrit ce qu'on a déjà expliqué. Le transcript fait le travail de transcription ET de structuration.

Le vrai changement de paradigme : l'oral devient la source de vérité. Notre rôle devient la validation et la direction, pas la production. On guide, on ajuste, on valide. L'agent exécute.

Résultat concret : pour un client fintech, nous avons construit toute la roadmap post-audit en une matinée au lieu de trois jours.

L'alliance avec le développement : avec le workflow qui pré-code les features automatiquement, on a maintenant un système où le ticket se transforme en code fonctionnel sans intervention manuelle. Le product définit le quoi et le pourquoi. L’agent Cursor produit le comment. Le dev valide et affine.

Double diamant réinventé : on garde la phase de découverte intensive (problème, utilisateurs, contraintes). Mais la phase d'idéation et de delivery est compressée d'un facteur 10. Ce qui prenait des semaines de spécification et d'aller-retours se règle en quelques itérations rapides.


DESIGN

Le chaînon manquant de l'IA en design

Le développement a fait un bond avec Cursor. Le design reste en retard.

Le constat : aucun outil n'a encore résolu le problème de la vitesse d'itération visuelle et expérientielle. Figma reste indispensable, mais figé dans ses méthodes d'il y a trois ans.

Le problème structurel de Figma : le JSON est trop verbeux. Un seul fichier explose le contexte des LLM. Les courbes, les composants, les widgets communautaires – chaque élément représente 5-6 lignes de texte invisible. Résultat : l'IA ne peut pas ingérer un design complet ET comprendre le design system EN MÊME TEMPS.

Les IA Figma actuelles sont limitées : on sélectionne un composant, on demande de changer du texte ou une image. Pas de compréhension globale. Pas de logique de navigation. Pas de génération multi-écrans cohérente. Le process de design thinking (exploration visuelle chaotique, puis structuration progressive) est incompréhensible pour l'IA actuelle.

Ce qui manque : un outil pensé "IA-ready" dès la conception, avec une structure optimisée pour économiser les tokens. Comme Figma l'a fait pour remplacer Sketch, un outsider va débarquer avec une architecture adaptée aux LLM. Figma et Adobe n'ont rien à perdre à tout refactorer. La question est : le feront-ils assez vite ?

La seule vraie innovation récente : Imagen 3 de Google. Contrairement aux diffusers classiques qui régénèrent tout, il cible uniquement les pixels demandés. Comme Photoshop, mais piloté par l'IA. Ça change tout pour les retouches précises sans perdre l'identité visuelle. Rendu 4K, gestion du texte impeccable.

En attendant : on teste tout, on s'abonne à 40 outils par mois, on jongle entre les spécialistes (génération de loops, scènes d'action, styles artistiques). Chacun domine pendant quelques semaines avant qu'un concurrent rattrape. Aucun vainqueur clair. Le piège : cette fragmentation coûte 300€ par mois en abonnements ultra-spécialisés.

Le gap reste énorme entre la productivité dev et la productivité design. Mais ça va basculer. Et probablement plus vite qu'on ne le pense.


DEVELOPMENT

L'IA comme coéquipier, pas comme remplaçant

Le nouveau standard, c'est l'impossible. L'IA déplace la courbe de ce qu'une équipe réduite peut accomplir.

Notre système de génération automatique : un ticket passe en statut "Deploy to Agents", un workflow s'enclenche. L'agent lit le ticket Notion, récupère la maquette Figma structurée, génère un fichier de contexte complet, envoie tout à Cloud Agent Cursor sur la bonne branche GitHub. Le code est pré-fait. Un second agent Claude Code fait la revue de sécurité via GitHub Actions.

Quand on arrive sur le ticket, on a un développeur qui a bossé 24h/24, qu'on ne paie pas à l'heure, et qui ne fait pas de pause café. On revoit son code comme celui d'un junior qui aurait avancé pendant notre absence. On garde ce qui fonctionne, on corrige ce qui dérape.

Les conditions pour que ça marche :

  • Cursor rules exhaustives qui expliquent votre codebase dans le détail
  • Documentation markdown sur les parties sensibles et les choix d'architecture
  • Conventions de nommage lisibles au premier coup d'œil, pas de mystère
  • Code orienté clarté, pas élégance ni brièveté

Le piège classique du développeur : faire le code le plus court, le plus mystique, le plus "élégant" avec des variables cryptiques. Le meilleur code est celui qu'un autre dev comprend en 30 secondes. Pour l'IA, c'est pareil. Un nom de variable explicite (isUserAdmin) vaut mieux qu'une simple lettre (x). Un code qui fait 20 lignes mais se lit comme du français bat un code de 5 lignes incompréhensible.

Ce que ça change : les side projects abandonnés après deux semaines parce que "ça prendra un an" deviennent faisables. Le syndrome du projet impossible s'évapore. Avec la bonne méthodologie, ce qui semblait hors de portée devient accessible. À quatre, on construit ce qui nécessitait une équipe de 20 il y a deux ans.

Le choc des vitesses : quand le dev code 10 fois plus vite que la moyenne et comprend à la fois le front, le back ET le métier, ça chamboule les cycles produit/design. Plus besoin de spec exhaustive avant de commencer. On peut livrer une V0 fonctionnelle pendant que les maquettes finales se finalisent. Ça force tout le monde à repenser sa façon de travailler.

L'IA ne remplace pas les développeurs. Elle repousse les limites de ce qu'on peut construire à quatre. Et ça, c'est déjà une révolution.


VEILLE TECHNIQUE

Gemini Nano Banana (Google) - Surpasse les diffusers classiques avec une approche pixel-ciblée. Régénère uniquement les zones modifiées, préserve le reste.

TOON (Hugging Face) - Librairie qui compresse le JSON en hybride JSON-CSV pour économiser les tokens LLM. Crucial pour passer des structures complexes dans le contexte d'un agent sans exploser les limites.

Cloud Agent Cursor + GitHub Actions + Claude Code - Workflow complet d'automatisation : l'agent code la feature sur la bonne branche, un second agent fait la revue de sécurité, création de PR automatique. Le dev devient reviewer au lieu d'exécutant.

Notion AI Agents - Système d'agents configurables qui lisent et écrivent dans vos bases. Capables de gérer des workflows complexes (backlog, deal memo, synthèses) avec spécialisations par sous-agents.


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